Mourinho quitte Chelsea!
Premier League Anglaise
admin
jeudi 20 septembre 2007 à 19:38 :: #59
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LONDRES (AFP) — Le départ de José Mourinho de son poste de manageur de Chelsea, mercredi soir, a eu l'effet d'une bombe dont les prémices étaient pourtant palpables tant les derniers résultats de l'équipe étaient décevants et ses relations avec Roman Abramovich de plus en plus tendues.

Mourinho sera remplacé par le duo Avram Grant, directeur du football au club depuis le mois de juin dernier et Steve Clarke, ancien joueur du club et adjoint de Mourinho pendant les trois saisons du Portugais à la tête des Blues.
José Mourinho a dit un émouvant au revoir à ses désormais anciens joueurs, jeudi matin au centre d'entrainement de Cobham. Il y est arrivé très tôt, à 7h30, pour vider son bureau et saluer le personnel. Il a ensuite attendu ses joueurs à qui il a souhaité bonne chance pour l'avenir avant de repartir, un peu après 10h30.
L'histoire d'amour entre Mourinho et Chelsea, débutée en conte de fée il y a trois ans, s'est terminée jeudi en cauchemar, après seulement six journées de championnat et une rencontre de Ligue des champions.
Si le Portugais a gagné le coeur de tous les supporteurs de Stamford Bridge grâce à ses succès (deux championnats, deux coupes de la Ligue et une coupe d'Angleterre), il y en a un, le plus important, qu'il n'a pas su séduire: Roman Abramovich, le magnat russe propriétaire du club.
Car son départ, aussi soudain, spectaculaire et controversé qu'il soit, doit plus aux relations difficiles et conflictuelles qu'il entretenait avec son patron qu'aux récents résultats certes décevants (deux nuls et une défaite en trois matches).
Une véritable lutte de pouvoir s'est jouée entre les deux hommes. Il ne pouvait y avoir qu'un vainqueur et cela pouvait difficilement être Mourinho.
Leurs personnalités sont bien trop différentes pour que leur idylle ne dure sans accrocs. Mourinho, tempérament latin, fier, impulsif, extraverti, le verbe haut, toujours prêt à polémiquer et qui adore se mettre en valeur, ne pouvait pas s'entendre avec Abramovich, le calme slave, réservé voire timide, soucieux de ne pas se mettre en avant, de rester dans l'ombre et de régler les problèmes calmement en interne sans faire de vagues.
Déjà à la fin de la saison dernière, Mourinho était parvenu à sauver son poste après un exercice qu'Abramovich avait jugé décevant malgré le doublé Coupe de la Ligue - Coupe d'Angleterre. Le Portugais ne se sentait pas assez soutenu par ses dirigeants et l'avait dit publiquement.
Cet été, comme lors du mercato d'hiver, il n'avait pas obtenu les fonds qu'il souhaitait pour renforcer son effectif. Il sentait qu'il n'avait plus les mains libres. Sentiment renforcé par l'arrivée au mois de juin d'Avram Grant au poste flou de directeur du football. Mourinho avait prévenu qu'il s'en irait si Grant cherchait à interférer dans les affaires de l'équipe...
Abramovich reprochait depuis plusieurs mois la mauvaise qualité de jeu de son équipe, le manque de spectacle, de buts. Il avait lui-même demandé à Mourinho de changer la façon de jouer des Blues, de les rendre moins défensifs.
Il reprochait aussi à Mourinho de ne pas prendre en considération Andreï Shevchenko, acheté 45 millions d'euros à l'AC Milan à la demande d'Abramovich dont il est un ami intime.
Si la défaite à Aston Villa, en championnat le 2 septembre (2-0) avait rendu furieux Abramovich, qui avait quitté le stade avant la fin du match, le nul face à la relativement modeste équipe de Rosenborg (1-1) mardi en Ligue des champions l'a définitivement conforté dans son choix. Sa décision était prise.
Mercredi, il a annulé un voyage d'affaires en Russie pour présider une réunion de crise avec Peter Kenyon, le directeur du club et Eugene Tenenbaum, membre du conseil d'administration et bras droit d'Abramovich ainsi que Bruce Buck, le président du club. Le sort de Mourinho était réglé. Abramovich a décidé de se séparer de son manageur, qui a été invité à partir. L'avenir dira si le puissant milliardaire russe a fait le bon choix.
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