Le renouveau Interiste.
Série A Italienne
admin
lundi 12 novembre 2007 à 01:43 :: #21
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A n’en pas douter, l’Inter de Milan a survolé le championnat italien la saison dernière, l’année précédente voyait aussi le club milanais remporter la série A mais cette fois sur tapis vert après 17ans de disette sur le plan national (coupe non comprise) et pour seul consolation trois victoires en coupe UEFA dans cette période (1991-1994-1998). Cette année encore l’Inter part favorite pour le titre en championnat et après 11 journées ils sont invaincus, engrangeant 7 victoires et 4 matches nuls.
Je vais donc exposer ici les raisons qui selon moi ont fait passer la maison noir et bleu du statut d’éternel maudit à celui de favori imbattable.
Roberto Mancini, l’homme fort du club :
Mancini a réussi là ou tant d’autres ont échoué et pour cela il s’est appuyé sur deux axes principaux :
Tout d’abord il a réussi a imposer ses choix au fantasque président de l’Inter, Massimo Moratti, c’est un personnage atypique du paysage footballistique italien, au même titre de Silvio Berlusconi, et il aimait particulièrement dépenser des sommes folles grâce à son imposante fortune afin de changer la majeure partie de son effectif.
Ainsi, selon les chiffres connu, les montants versés pour les transferts par l’Inter de Milan ces dernières années se répartissent comme ceci avec, à côté, le nombre de recrues importantes :
97/98 : 77M (5 joueurs)
98/99 : 67M (uniquement sur des jeunes Silvestre, Dabo, Frey, Ventola…)
99/00 : 111M (7 joueurs)
00/01 : 85M (6 joueurs)
01-02 : 109M (6 joueurs)
02-03 :110M (5 joueurs)
03-04 : 68M (5 joueurs)
04-05 : arrivée de Mancini, 6M (Davids, Cambiasso ou Veron, tous libre)
05-06 : 32M (3 joueurs dont un libre, Figo)
06-07 : 49M (4 joueurs dont Vieira et Ibrahimovic, suite à l’affaire Juventus)
07-08 : 39M (2 joueurs)
En bref, Mancini parvient à tempérer Moratti aussi bien sur les dépenses que sur la quantité de joueurs a recruter : plus de stabilité donc plus de résultats, à médite du côté de l'OM.... A cela on peut ajouter que les erreurs de casting furent rare sous Mancini (César, Carini, Pizarro, Womé) généralement sur des joueurs recrutés libre pour faire du nombre, alors que les recrues décevantes furent légions les saisons précédentes (Batistuta, Farinos, Keane, Sukur, Dalmat, Gresko, Conceicao, Sorondo, Morfeo, Almeyda…) pour certains recrutés à prix d’or pour un rendement plus que médiocre. De la même manière certains n’auraient peut-être pas du partir au vu des prestations qu’ils firent après tels que Seedorf, Cannavaro, Peruzzi, Pirlo, Frey :coeur4 …
Au contraire Mancini flaire les bonnes pioches, Ibrahimovic qui commence à montrer tout son talent, Vieira fut très utile la première saison avant ses multiples blessures, le retour de Crespo ou l’arrivée Julio César ou encore Burdisso recrutés à prix modique.
L’autre atout de Mancini est d’avoir construit son Inter de Milan à partir de son modèle de toujours : la Lazio de Rome ou il a été joueur puis entraîneur au meilleur moment de l’histoire du club juste avant de rejoindre Milan. Ainsi avant même de signer à l’Inter, il demande à Moratti au mercato hivernal de 2003/2004 de recruter à prix réduit Dejan Stankovic car ce dernier était en fin de contrat et que Mancini s’était déjà mis d’accord avec le club milanais pour la saison suivante, il c’est donc amputé lui-même de son meilleur joueur Romain en prévision de la saison suivante. A son arrivée il débarque avec son staff, notamment Orsi (ancien gardien et entraîneur adjoint de la Lazio quand Mancini y était respectivement joueur et entraîneur) comme entraîneur adjoint, achat de Stankovic donc, Favalli, Veron et Mihaylovic, tous évoluant ou ayant évolué à la lazio quand Mancini y était la première saison, César, Crespo ou Jimenez plus récemment. Il nomme même Mihaylovic comme entraîneur adjoint la saison dernière. Ainsi la Lazio de Rome est le club chez lequel Mancini c’est le plus servi depuis son arrivée que ce soit en staff ou en joueur, principalement que ce soit pour une place secondaire dans l’équipe avec des joueurs expérimentés et leader (Mihaylovic, Veron, Favalli) ou pour une place de titulaire (Stankovic…).
Toujours en suivant l’exemple qu’il a connu avec succès à la Lazio il s’appuie sur une forte communauté Sud Américaine, avec pas moins de 21 sud américain recrutés depuis son arrivée que ce soit de jeunes espoirs ayant confirmés ou non (Rincon, Julio Cesar, Burdisso, Carini ou Dellafiore), des joueurs confirmés recrutés librement ou à prix réduit (Ze Maria, Crespo Veron, Cambiasso, Maxwell…) ou alors des stars recrutés à un prix plus élevé (Samuel, Pizarro, Maicon, …). A titre d’exemple l’effectif actuel comporte 15 sud américains dont 5 brésiliens et 6 argentins avec la possibilités, au vu des joueurs, de faire un 11 sud américain compétitif
.
Ainsi il a eu la possibilité de faire ce qu’il voulait, s’entourer de personnes de confiance qu’il connait bien, et s’appuyer sur la mentalité sud-américaine, à la fois combative et techniquement supérieure, même si cela c’est fait au dépend de l’identité italienne de l’équipe puisque actuellement seul Materrazzi (qui au passage a 34ans), semble en mesure de s’imposer en équipe première une fois revenu de sa blessure.
Une conjoncture favorable.
L’Inter de Milan connaît son renouveau à un moment qui ne dois rien au hasard non plus, certes Mancini c’est montré plus malin et stable que ses prédécesseurs mais aussi plus convaincant envers Moratti, mais la série A est aussi à un tournant de son histoire.
Tout d’abord fini le catenaccio, les buts sont désormais plus nombreux dans le Calcio et les défenses moins rugueuses, Mancini le sait bien d’où son intérêt pour les joueurs Sud Américains. Ensuite c’est surtout la crise que traverse les autres cadors d’Italie qui a lancé le nouveau cycle Interiste, tout d’abord les clubs romains connaissent depuis plusieurs années de graves problèmes financiers (suite à leurs dépenses inconsidérés lors de leurs victoires en championnat en 99 pour la Roma et en 2000 pour la Lazio), la Fiorentina a connu une relégation en série C elle aussi pour raisons financières (même si la situation de la Viola s’améliore chaque année), Parme, elle aussi empêtrée dans les problèmes financiers voit ses résultats dégringoler progressivement et enfin les deux autres gros, la Juventus et le Milan sont aussi en reconstruction. La Juventus, relégué il y a deux ans pour les raisons que l’on sait, a perdu ses stars, et avait du abandonner son titre aux Interistes et, même si Trezeguet est déchainé cette année, il n’est pas sur que cela soit suffisant pour lutter pour le titre dès cette saison. Le Milan AC, lui, connait une triple crise, un après le départ de Schevchenko plutôt mal géré, un effectif très vieillissant, et, tout comme la Juventus, a eu des pénalités la saison dernière (seul les performances en ligue des champions sont satisfaisantes).

Ainsi l’Inter Milan, sans doute chanceuse, a profité des déboires (mérités) des cadors du championnat pour récupérer son premier titre depuis longtemps en série A, recruter à moindre coût (Ibrahimovic et Vieira), enchaîner sur un second titre dans une série A amoindrie et maintenant surfe sur cette vague de succès.
Il ne reste à l’Inter qu’à retrouver le succès en Europe, succès qui lui échappe depuis bientôt dix ans, mais ils ne pourront compter cette fois ci que sur leurs qualités et non sur les coups du sort couplés aux bonnes inspirations de son entraîneur pour s’en sortir car il est peu probable qu’un scandale à l’échelle européen éclate un jour. La saison prochaine sera sans doute capitale pour l’Inter, car si on peut supposer que le titre est largement à leur porté cette saison encore, l’émergence de la Fiorentina, la Roma qui reste à un niveau intéressant, la Juventus ambitieuse et le Milan AC qui, on l’espère, se décidera à rajeunir un peu son effectif, se montreront sans doute de redoutables challengers.
Attention néanmoins au projet de certaines instances du football international qui souhaiteraient limiter le nombre de joueurs étrangers dans les équipes au profit des natifs du pays, or une équipe comme l’Inter de Milan se retrouverais en bien mauvaise posture dans ce cas là et c’est sûrement, à court terme, l’un des dangers principaux menaçant les Nerrazzuri.
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